Le diabète insulino-dépendant de type I est dû à la destruction des cellules qui sécrètent l'insuline, appelées cellules bêta, au sein des îlots de Langerhans dans le pancréas.
Alors que depuis 80 ans, le seul traitement consiste à injecter l'insuline manquante, que ce soit par des injections répétées ou à l'aide d'une pompe, la greffe d'îlots propose de remplacer les cellules non-fonctionnelles par des cellules provenant d'un donneur.
Le but de la greffe d'îlots est d'améliorer l'équilibre glycémique du receveur, dans l'espoir d'améliorer sa qualité de vie et de le protéger des éventuelles complications liées au diabète. Ceci se fait au prix d'un traitement immuno-suppresseur (anti-rejet) potentiellement à vie.
Ce programme de recherche a été initié à la suite de la démonstration en 1989 de la restauration au moins partielle d'une insulinosécrétion endogène chez des patients diabétiques grâce à la greffe d'îlots de Langerhans isolés. En raison des résultats fonctionnels déjà satisfaisants de la greffe allogénique de pancréas avec les protocoles classiques d'immunosuppression, la greffe d'îlots semblait promise à un développement rapide, au moins chez les patients diabétiques immunosupprimés.

La principale difficulté semblait alors technique et était liée à la difficulté de l'isolement des îlots humains. Notre objectif initial fût donc le développement des techniques nécessaires pour l'isolement des îlots, d'abord chez un grand mammifère, le porc, puis chez l'homme (1992-1995). Une fois les résultats devenus compatibles avec les contraintes de l'application clinique, nous nous sommes attachés d'une part à définir et valider les techniques de greffe dans un modèle préclinique de porc diabétique, et d'autre part à envisager les différents aspects réglementaires liés à l'application clinique de la thérapie cellulaire (1996-1998).
A l'aide des techniques validées scientifiquement et cliniquement au cours des études préalables et après obtention des différentes autorisations réglementaires (avis favorable du Comité Consultatif des Personnes se Prêtant aux Recherches Biomédicales (CCPPRB), avis favorable du groupe d'experts de sécurité microbiologique et enregistrement de l'essai clinique auprès de la Direction Générale de la Santé (DGS)), nous avons abouti en 1998 à l'initiation d'un essai clinique pilote d'allogreffe intra-portale d'îlots chez des patients diabétiques immunosupprimés.

En juillet 1999 les résultats spectaculaires publiés par une équipe canadienne (Edmonton) ont conduit notre équipe à revoir les protocoles cliniques et scientifiques et à envisager de mener un second essai clinique de faisabilité - dossier d'autorisation soumisà la commission de thérapie cellulaire de l'AFSSaPS (Agence Française de Sécurité Sanitaire des Produits de Santé) - Après acceptation des autorisations nécessaires, ce second essai clinique de faisabilité a débuté en mai 2003.
