Le diabète et son histoire

Le diabète une maladie chronique provoquée par un trouble du métabolisme des glucides et caractérisée par un taux anormalement élevé de sucre dans le sang et les urines. Sa fréquence continue de croître dans le monde, parallèlement au vieillissement des populations et au changement des conditions de vie (alimentation très riche en graisse et en glucose, sédentarité...). A long terme, le diabète sucré peut endommager gravement les yeux, les reins, le cœur, les membres, et représente un risque en cas de grossesse.

 

On distingue généralement deux types de diabète : le diabète de type 1 et le diabète de type 2.

 

Le diabète de type 1ou diabète insulinodépendant (DID), qui portait autrefois le nom de diabète juvénile, survient surtout avant vingt ans. Il s'agit d'une maladie auto-immune qui détruit spécifiquement les cellules beta des îlots de Langerhans, les seules cellules à fabriquer l'insuline. Le manque d'insuline entraîne une augmentation de la teneur quantité de sucre plasmatique : c'est l'hyperglycémie.Aujourd'hui, on ne meurt plus de cette maladie même si les complications neurologiques, oculaires ou rénales sont souvent très lourdes. La plupart des diabétiques de type 1suive un traitement contraignant : des injections quotidiennes d'insulines (jusqu'à quatre fois par jour) pour pallier le déficit. De plus, ce traitement n'empêche pas les maladies dégénératives à long terme. Depuis quelques années est apparue une nouvelle thérapie cellulaire : la greffe des d'IL.

 

Le diabète de type 2 ou diabète non insulinodépendant (DNID), également baptisé diabète gras, se rencontre généralement chez des personnes de plus de quarante-cinq ans et son évolution est lente. On n'observe très souvent aucun symptôme clinique et seul des taux de glucose élevés dans le sang et les urines permettent de détecter la maladie.Dans les cas de diabète de type 2, dont la majorité des malades accusent au moins un excès de poids modéré, le traitement consiste essentiellement à suivre un régime alimentaire, à perdre du poids et à faire du sport. La perte de poids semble en partie diminuer la résistance tissulaire à l'insuline. Si la glycémie demeure élevée, le traitement peut également comporter des injections d'insuline ou la prescription de médicaments hypoglycémiants ou anti-diabétiques permettant d'abaisser la glycémie.

 

 

IIe siècle

Arétée de Cappadoce

Première description du diabète (sucré), le diabète est une maladie de l'estomac

IIe siècle

Galien

Le diabète est une maladie rénale

XVIe siècle

Paracelse

Le diabète est une maladie du sang

1674

Thomas Willis

Décrit la saveur sucrée des urines et fait un lien entre le sang et l'urine des diabétiques

1776

Matthew Dobson

Décrit la saveur sucrée du sérum d'un diabétique

1779

William Cullen

Isole un dépôt granuleux ayant l'odeur et le goût du sucre

1794

Johann Peter Frank

Distinction entre diabète insipide (urine non sucrée) et diabète sucré (urine sucrée)

1797

John Rollo

Premier traitement diététique (restriction des sucres) fait tenir un "carnet de surveillance" (journal diététique)

1815

Eugène Chevreuil

Identifie le sucre urinaire : c'est le glucose

1847

Claude Bernard

Montre que le foie forme du glucose à partir de sucres et de protéines et qu'il le sécrète dans le sang

1854

Hermann von Fehling

Met au point la "liqueur de Fehling", réactif cuivrique, qui améliore le dosage du glucose

1869

Paul Langerhans

Décrit des amas de cellules particulières dans le pancréas

1874

Adolf Kussmaüll

Décrit la respiration caractéristique des diabétiques en coma acidocétosique

1877

Étienne Lanceraux

Distingue deux formes de diabète, le maigre et le gras, et décrit les symptômes du coma acidocétosique

1875

Apollinaire Bouchardat

Affine le traitement diététique du diabète sucré (riche en protéines et en gras, pauvre en glucides), le diabète est causé par la présence d'une enzyme dans l'estomac transformant l'amidon en glucose

1884

Carl Gerhardt

Dosage de l'acétone (corps cétoniques) dans l'urine

1889

Oskar Minkowski et Joseph Von Mering

Montrent chez le chien qu’une pancréatectomie engendre un diabète et que ce ne n’est pas le ‘jus pancréatique’ qui régule la glycémie

1893

Gustave Édouard Laguesse

Nomme ces amas pancréatiques: "îlots de Langerhans" et suggère qu'ils pourraient sécréter une substance affectant le métabolisme des glucides

1902

Nicholls

Décrit une tumeur des îlots de Langerhans

1906

Naunyn

Introduit la notion d'acidocétose diabétique

1906

Ludwig Zuelzer

Utilise un produit isolé du pancréas du lapin (Acomatol) pour traiter le coma diabétique

1921

Nicolas Paulesio

Traite un chien diabétique avec un extrait alcoolique de pancréas : la pancréine
Frédéric Banting, Charles Best

1922

James Macleod etJames Collip

Injectent un extrait pancréatique à un diabétique qui survit, isolent et décrivent l'insuline

1923

Frédéric Banting et James Macleod

Obtiennent le Prix Nobel pour leurs travaux, et le partagent avec les deux autres chercheurs

1927

Wilder

Enlève chirurgicalement un insulinome

1938

George Laidlaw

Définie la nésidioblastose

1966

Alan Chaya

Allogreffe du tissu cellulaire d’îlots chez le chien

1967

Paul Lacy

Isole des îlots de Langerhans de rat

1974

Sutherland

Isole des îlots de Langerhans humains

1980

Sutherland

Première autogreffe et allogreffe d’îlots chez le diabétique

2000

James Shapiro

La greffe d’îlots devient une réalité dans le traitement du diabète

l’avenir

L’autogreffe de cellules souches pancréatiques restaure l’insulino-sécrétion chez le diabétique